WIGMAKERS

Voilà deux ans que  je suis de près le travail de Margot Robert et Joseph Saintef, artisans perruquiers lyonnais.

Ils sont peu en France à détenir ce savoir faire. Pourtant, des perruques, on peut en croiser de partout : au cinéma et au théâtre bien sur, mais aussi dans la rue, sur les femmes noires ou les juives ashkenazes qui assument leurs changements de coiffure réguliers, mais aussi sur d'autres femmes, qui en portent de manière plus discrète et thérapeutique, quand elles n'ont plus ou peu de cheveux, ou même encore pour les Drag Queen.

Le métier de perruquier demande précision et minutie, et la confection d'une pièce peut parfois demander jusqu'à 3 semaines de concentration. 

LES CATEGORIES

 

Il y a plusieurs sortes de perruques : les perruques en cheveux synthétiques, utilisées parfois pour les pièces de théâtre, ou les courts-métrages, car moins couteuses. Elles sont aussi moins agréables à travailler pour les artisans car les cheveux synthétiques sont plus difficiles à coiffer et font évidement des oeuvres moins authentiques.

La deuxième catégorie de perruques est réalisée avec de vrais cheveux, souvent en provenance d'Inde, où les cheveux constituent des offrandes faites aux temples. Les cheveux européens sont plus précieux et plus rares, car plus fins.

Deux critères fixent la valeur d'un cheveu : sa finesse, et sa pureté, c'est à dire qu'il ne doit pas avoir subit de modifications (teintures, décolorations etc ...). On dit alors que le cheveux est "vierge". 

Les perruques historiques peuvent etre réalisées en poils de Yack, car plus rigides que de vrais cheveux, ces poils permettent de faire tenir les structures hautes plus simplement, pour les reproductions des coiffures du 18 ème siècle par exemple.  

Des matières comme le mohair ou l'angora peuvent parfois etre utilisés pour récréer les tout petits cheveux très fins. 

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Margot confectionne une perruque de vieillard en cheveux synthétiques pour un court métrage. 

LA CONFECTION

 

La confection d'une perruque est un travail long et minutieux.

Elle se déroule en plusieurs étapes :

D'abord la prise des empreintes et des mesures de la tête, afin de confectionner ensuite un bonnet de tulle fin sur mesure et de marquer les limites de l'implantation du cheveux par des fils de couture

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Vient ensuite l'implantation cheveux par cheveux, afin de reproduire les mouvements et les teintes exactes des cheveux souhaités. 

Parfois, les perruquiers fabriquent des bandes de tissages (Wefts) au métier à tisser. Ils viendront ensuite les coudre  à l'arrière de la perruque et n'implanteront que le devant de la tête.

LES OUTILS

Certains des outils utilisés pour ces techniques existent depuis le 17eme siècle.

La carde par exemple sert a trier les cheveux qui peuvent etre implantés, et ceux qui seront inutiles. Les mèches sont passées à l'intérieur de l'outil qui enlève tous les cheveux trop courts pour l'implantation, en fonction de la longueur définitive souhaitée.

Le fer Marcel est un système de plaques chauffantes, et sert a faire des boucles et des ondulations quand la perruque est à l'étape de la coiffure. On l'utilise aussi pour faire des crans dans les cheveux, sur les perruques années 30 entre autres.

Le baton de perruquier sert a confectionner les rouleaux spécifiques aux perruques du 18eme siècle. 

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Joseph coiffe une perruque Maryline en véritables cheveux, destinée au théâtre.